24 oct. 2022

Un nouveau cadre pour améliorer la collaboration en matière d'action anticipatoire en Asie du Sud-Est

L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) a récemment lancé son cadre d'action anticipatoire pour la gestion des catastrophes. Il s'agit là d'un engagement fondamental en faveur de la cohérence et de la coordination de l'action anticipatoire dans la région.

Ce cadre offre aux États membres de l'ANASE l'occasion de faire converger leurs efforts grâce à une définition commune de l'action anticipatoire, à savoir "un ensemble d'interventions effectuées lorsqu'un danger est imminent sur la base d'une prévision, d'une alerte précoce ou d'une analyse des risques avant la catastrophe". Les actions anticipatoires sont prises par les individus et les organisations avant une catastrophe anticipée, afin d'atténuer son impact sur les personnes, les biens et les infrastructures."

Le cadre identifie trois éléments clés

Il s'agit d'une étape nécessaire, car la confusion terminologique a souvent conduit à des approches fragmentées, entravant la coordination autour de l'action anticipatoire dans la région et au-delà. L'établissement d'un consensus régional sur la signification de l'action anticipatoire renforcera la collaboration entre les multiples acteurs humanitaires et de développement dans ce domaine. Le cadre identifie également trois éléments clés de cette approche : (1) l'information sur les risques, les prévisions et les systèmes d'alerte précoce ; (2) la planification, les opérations et la mise en œuvre ; et (3) le financement préétabli.

Présentation du cadre de l'ANASE sur l'action anticipatoire dans la gestion des catastrophes

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La nécessité d'une réponse plus forte aux risques de catastrophes

L'Asie du Sud-Est est fortement exposée à une série de risques de catastrophes. Les aléas climatiques tels que les inondations, les sécheresses, les typhons et les ondes de tempête, ainsi que les aléas d'origine humaine, menacent de plus en plus la vie et les moyens de subsistance des populations de la région. Ces menaces sont souvent aggravées par des facteurs tels que la pression socio-économique et l'accélération du changement climatique.

Dans ce contexte, l'ANASE s'est engagée à renforcer sa capacité et son aptitude à réduire les risques de catastrophe, dans l'optique d'une région résiliente aux catastrophes. S'appuyant sur l'élan donné au cours de la dernière décennie à la gestion régionale des catastrophes, notamment par l'accord de l'ANASE sur la gestion des catastrophes et les interventions d'urgence (AADMER), ce cadre témoigne d'un changement significatif dans la manière dont les catastrophes sont gérées dans la région : il s'agit d'agir en amont des chocs plutôt que de réagir aux catastrophes. Cette démarche est également conforme aux principes de rapidité, d'échelle et de solidarité de l'initiative "One ASEAN, One Response" (une ANASE, une réponse).

Les pays d'Asie du Sud-Est s'orientent vers des mécanismes de préparation et de réponse aux catastrophes qui peuvent fonctionner sur la base des principes de rapidité, d'échelle et de solidarité de l'initiative "One ASEAN, One Response" (une ANASE, une réponse).

Tianchai Chukittiwibul Directeur général adjoint, département de la prévention et de l'atténuation des catastrophes, Thaïlande ; président du comité de l'ANASE sur la gestion des catastrophes

Fait important, le cadre fournit des orientations sur la manière dont l'action anticipatoire peut être adaptée au contexte régional et adoptée par les États membres de l'ASEAN. En outre, les actions prioritaires - identifiées lors d'une série d'ateliers consultatifs - sont présentées dans le plan d'action pour la période 2021-2025. Il s'agit notamment d'actions visant à intégrer l'action anticipatoire dans les systèmes de gestion des risques de catastrophe et à faciliter la coopération avec les gouvernements nationaux et les partenaires de toute la région.

Reconnaissant les lacunes et les obstacles en termes de fonctionnement des systèmes d'alerte précoce et d'autres aspects des systèmes d'action anticipatoire, le cadre souligne la nécessité d'investissements à long terme dans la gestion des risques de catastrophe et l'adaptation au changement climatique pour réaliser le plein potentiel de l'action anticipatoire.

Ce cadre représente le premier consensus intergouvernemental sur les paramètres et les normes de l'action anticipatoire. En tant que tel, il devrait inciter les gouvernements, les partenaires et les communautés au-delà de la région à adopter cette approche pour un avenir plus résilient. Il devrait également servir de tremplin pour faciliter un plus grand échange de connaissances mondiales et de meilleures pratiques au sein de la communauté de l'action anticipatoire.

 

L'ANASE, qui est l'un des paniers agricoles les plus productifs au monde, est également la mieux placée pour démontrer l'importance de l'action anticipatoire pour les interventions sur les moyens de subsistance. Les catastrophes naturelles peuvent avoir des effets en cascade sur les moyens de subsistance, ce qui peut réduire les revenus et la sécurité alimentaire. En prenant des actions anticipatoires, les pays seront en mesure de protéger les moyens de subsistance et de sauver des vies.

Shukri Ahmed Directeur adjoint, Bureau des urgences et de la résilience de la FAO

Ce blog a été rédigé par Inyoung Jang (FAORAP), Catherine Jones (FAORAP) et Rayane Abou Jaoude (OER).

Photo de Shukri Ahmed © FAO/Roberto Cenciarelli